Un clavier ?

Si vous lisez cet article, vous savez probablement ce qu’est un clavier et en avez surement un devant vous. Qu’il soit virtuel, sur votre smartphone ou physique, devant votre écran, il est là. J’ai toujours fait attention mon clavier, avec les jeux vidéos j’en avais choisi un mécanique. Mais quand celui-ci a cessé de fonctionner, je me suis retrouvé face à un dilemme. Lequel choisir ? Il existe une grande gamme de produits disponible avec tout un tas de spécificités qui sont propres à chacun. Plus je cherchais, moins je trouvais un clavier à mon goût. Les claviers gamer avec des LED à n’en plus finir, des claviers avec le double de touches, des claviers trop petits. Trop de choix tue le choix. Je me suis alors posé une question : pourquoi ne pas assembler mon propre clavier ?

Do it yourself

J’avais déjà vu des vidéos de personnes qui assemblent des claviers mécaniques et je savais qu’il était largement possible de le faire. J’ai donc fait le tour du web pour me renseigner sur ce qu’il fallait comme savoir-faire et les différents composants dont j’aurais besoin. En savoir-faire, c’est plutôt simple : il faut de la minutie et savoir prendre son temps, notamment lors du soudage. Je n’en avais jamais fait, impossible pour moi de dire si j’allais réussir, si c’était simple ou compliqué. C’était mon point noir et à part regarder des tutoriels vidéos, impossible de savoir comment j’allais m’en sortir. Malgré le doute en moi, j’ai décidé de prendre le risque et je me suis lancé : je vais faire mon clavier ! Après cette décision, de nombreuses interrogations se sont imposées à moi comme : quel PCB choisir ? qu’est-ce qu’un PCB ? Qu’est-ce qu’un clavier 60%, TKL, Full-size ? Quel switch choisir ? Quel boitier prendre ? AZERTY ou QWERTY ? Comment utilise-t-on les touches fonction sur un clavier 60% ? Et beaucoup d’autres questions, trop de questions. À de nombreuses reprises, je me suis dit que j’allais tout arrêter et juste en acheter un tout fait comme tout le monde. Mais l’idée me revenait continuellement en tête et je m’y replongeais. J’ai fini par trouver une réponse à toutes mes questions. Pour faire court et répondre à toutes ces questions mon clavier sera donc un : Clavier mécanique 60% avec switchs Box Red dans un boîtier en bois.

D’accord…

Pour ne perdre personne, je vais donc reprendre quelques points. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un clavier mécanique ? Il existe plusieurs technologies de clavier, la première est le clavier à membranes. On les retrouve le plus souvent sur les claviers des ordinateurs portables ainsi que les claviers premier prix, ils ont l’avantage d’être peu bruyant et compact. La deuxième est le clavier à interrupteurs mécaniques, dit clavier mécanique, qui fait partie des premiers claviers sortis. Vous avez surement déjà eu un jour. Ils ont l’avantage d’avoir une meilleure durée de vie, d’être plus agréable d’utilisation, mais ont pour inconvénient d’être plus chers et de faire du bruit à chaque frappe. Pourquoi on dit qu’un clavier est mécanique ? Comme énoncé plus haut, on les nomme d’après leurs interrupteurs mécaniques, switch en anglais, c’est une pièce plastique sur un ressort. Quand on appuie sur cette pièce on fait toucher les deux branches métalliques et ainsi l’information que la touche a été appuyée est transmise.

Il existe plusieurs types de switchs en fonction de la sensation que l’on veut avoir quand on appuie sur une touche. Chaque personne a sa préférence et pour trouver la sienne il vaut mieux les tester avant de les choisir. Pour ce qui est du PCB, finalement c’est tout simple : c’est le circuit imprimé qui permet d’envoyer les informations à l’ordinateur. 60%, TKL et full-size est la taille du clavier il existe des variantes qui sont nommées en fonction du pourcentage de touche présente par rapport à un clavier full-size.

La construction

J’ai donc commandé toutes mes pièces, mon soudeur et ma pompe à dessouder. Et dès que tout était complet, je me suis mis à l’œuvre. Dans un premier temps j’ai décidé de lubrifier tous mes switchs pour être sûr que ce soit plus agréable, et cela en les démontant un par un avec un pinceau. On graisse alors au silicone toutes les pièces qui composent le switch. 68 switchs c’est long et fastidieux, mais le résultat est là et le son en est changé. Autant faire les choses bien !

L’étape d’après est le test pour savoir si le PCB fonctionne bien. Une fois testé, on peut disposer les switchs sur le PCB grâce à une plaque en métal qui va plus tard permettre de le protéger.

La dernière étape avant le soudage est l’application des touches sur les switchs afin de tester que ceux-ci sont bien mis à leur place sur le PCB.

C’est l’heure du tant attendu soudage, celui qui apeure et donne envie. On prépare le poste de soudage, fils à souder et protections et on est parti. À l’instant T, j’ai vraiment apprécié et ne voulais pas à me résoudre à arrêter, la fonte du fil devant nos yeux, le contact fait… c’est addictif. À la forme on voit si la soudure est propre ou si on doit la refaire. J’ai souvent dû la refaire, mais toujours avec plaisir.

Il ne reste plus qu’à mettre le clavier dans son boitier et profiter. Une fois branché, on peut configurer les touches afin que celles-ci correspondent à nos envies. La configuration est totale, on peut l’arranger à notre convenance et à volonté via le langage C afin de créer nos propres raccourcis clavier par exemple.

Enfin fini

Après plus de 6h d’assemblage, je peux enfin profiter de mon clavier. Assembler mon clavier est le meilleur choix que je pouvais faire. Il n’est pas le plus économique certes, mais il correspond à ce dont j’avais envie et m’a permis une parfaite modulabilité. On peut dire que c’est un objet de luxe assemblé par ma personne, made in France !

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Nino Sochet
Nino Sochet
DevSecOps

En perpétuelle recherche de nouvelles choses à apprendre.